MOHCINE BELABBAS : «LE STATU QUO EST DESORMAIS INTENABLE»

Posté par rcdbrto le 17 mars 2015

Mohcine BelabbasLe président du RCD évalue ici l’action de l’opposition regroupée au sein de la CLTD et de l’instance de suivi et de coordination de l’opposition. Il s’exprime aussi sur la situation politique nationale et le statu quo qui devient, selon lui, «de plus en plus intenable». Selon lui, cette situation peut mener au chaos, et seul le pouvoir en assumera la responsabilité.

- Cela fait déjà un peu plus d’une année depuis la création de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CLTD), dont le RCD fait partie. Quel bilan faites-vous de cette expérience ?

Il est important de signaler de prime abord que c’est la première fois en Algérie que des personnalités et des partis politiques de différentes obédiences ont décidé de se regrouper pour des objectifs bien précis. Avant l’élection du 17 avril, le but était de coordonner nos actions pour le boycott du scrutin présidentiel. Durant cette période, Lire la suite… »

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Mobilisons-nous pour défendre la mémoire de nos martyrs

Posté par rcdbrto le 28 janvier 2015

hamid ait saidEn 2015, Saïd Sadi, personnalité politique algérienne, se voit menacé de comparution devant les tribunaux pour avoir réaffirmé une évidence connue de tous les Algériens et que même les textes fondateurs de l’État, à l’instar de la plateforme de la Soummam, mettent en exergue.

Je me souviendrai toujours des cours d’histoire qu’on nous dispensait à l’école des enfants de chouhada, où on nous répétait cette phrase qui me reste toujours en mémoire : Messali El-Hadj est un traître à l’Algérie et à sa glorieuse Révolution. Le jeune enfant de chahid que j’étais ne pouvait rester insensible à cette affirmation qui se répétait aussi dans mon entourage familial qui était, par ailleurs, pleinement engagé dans la lutte de Libération nationale en sacrifiant 14 de ses meilleurs enfants pour que vive l’Algérie. Lire la suite… »

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Auto-saisine…

Posté par rcdbrto le 24 janvier 2015

Achour BoufettaC’est en Algérie!

Une information judiciaire vient d’être ouverte contre Said Sadi, ex-candidat à la présidence, par le procureur de Sid-Mhamed, à Alger.

Ce procureur de la République vient de s’auto-saisir suite aux propos de Sadi qu’il a tenus sur Ben-Bella, l’accusant d’agent de l’Egypte, de Ali Kafi que ses amis qualifiaient de noceur et de Messali Hadj.Il est important de signaler que tous les trois sont issus de la même école idéologique, l’école arabo-islamique! Lire la suite… »

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INTERVENTION DE SAID SADI AU FORUM DE LIBERTÉ DU 25 FÉVRIER 2014

Posté par rcdbrto le 25 février 2014

INTERVENTION DE SAID SADI AU FORUM DE LIBERTÉ DU 25 FÉVRIER 2014

Monsieur le directeur, mesdames messieurs les journalistes, chers amis invités, bonjour,

Monsieur le directeur, je vous remercie de m’avoir invité à votre forum, un des derniers espaces où le débat libre est encore possible.

Cela va faire bientôt deux ans que je me suis déchargé de toute responsabilité politique en essayant de faire de sorte que cette décision soit aussi l’occasion pour accomplir un acte pédagogique prouvant que, dans nos contrées aussi, un parcours politique partisan pouvait se conclure de façon apaisée et féconde. Il fallait également démontrer que d’autres acteurs, plus jeunes, et qui ne sont pas ceux que les canons politiques formatant la responsabilité publique portent, existent et qu’ils peuvent assumer des charges confisquées par les générations qui les ont précédés. Et la crise en cours donne toute la mesure de cet immense malentendu qui veut que c’est dans la catégorie où prolifèrent les responsables de l’échec que doivent se recruter les artisans de son dépassement. 
Depuis deux ans, je suis en retrait mais pas en retraite. Je me suis acquitté de mes tâches et devoirs de militants de base et écouté, lu et écrit en tant que citoyen.
Je rassure ceux qui s’agrippent au pouvoir, ce rôle n’est pas plus difficile ni moins intéressant que celui que confère la responsabilité de dirigeant.
Dans cet intervalle, je me suis autorisé deux interventions publiques. L’une, parue dans le soir d’Algérie à l’occasion de l’université d’été du RCD au cours de laquelle les étudiants m’avaient demandé de faire une communication sur ce qui pouvait être retenu de l’Algérie de novembre et de la Soummam, preuve que la jeunesse est en demande d’information sur l’histoire nationale. L’autre a été publiée dans votre quotidien juste avant la visite du premier ministre français qui me semblait confirmer une relation attentatoire aux intérêts économiques et, surtout, symboliques de l’Algérie. 

J’ai accepté votre invitation aujourd’hui avec plaisir et devoir car, et je ne crois pas être le seul à le penser ou le dire, l’Algérie est en péril. Mais ce qui m’a encore plus déterminé à apporter ma part de vérité dans cette période, ce sont les termes du débat ou, plus exactement, de propagande actuelle. Quelques fois violemment polémiques, ce qui ne contribue pas à clarifier une situation complexe, tendue et confuse, les interventions sont, plus fréquemment, et c’est bien plus grave, délibérément biaisées, ce qui fait qu’au lieu de participer à sérier les enjeux, dévoiler les positions de chacun et distinguer les causes des effets, la logique reptilienne du système impose des paliers de discussion qui interdisent de sortir du champ clos des slogans fossilisés, de la manipulation et de la soumission. 
Le cerveau reptilien, c’est connu, est incapable d’évolution. Programmé pour des fonctions primaires, il est animé par la satisfaction immédiate de besoins élémentaires et réagit par la violence contre tout ce qui peut contrarier la prédation ou inciter à une adaptation des conduites et comportements. 

Cette réduction de la pensée à l’instinct ne facilite pas la recherche d’un compromis extérieur aux luttes claniques qui puisse nous extraire d’un tunnel où celui qui détient l’interrupteur est précisément le maître des ténèbres. La chose est vraie en toute circonstance, elle se vérifie encore plus chez nous où la confiscation ou le conditionnement communication s’avèrent être les moteurs les plus puissant de la crise. Et nous n’avons plus les moyens de jouer aux enfants gâtés du tiers monde qui dilapident, vilipendent et polémiquent sans produire. Il est vital de reprendre nos esprits, de refroidir la relation politique et d’ouvrir les yeux.

Je ne suis pas venu ici pour rappeler les idées et les objectifs pour lesquels je me suis engagé en politique. Mon propos d’aujourd’hui est celui d’un citoyen inquiet des invectives qui accompagnent une dérive dont on ne semble pas appréhender les origines et, encore moins, les funestes conséquences.
Tout le monde convient que la situation est grave voire compromise pour l’avenir de la nation. Pourtant, peu, trop peu de voix s’élèvent pour dire que cette malédiction ne tombant pas du ciel, il nous incombe une impérieuse obligation de regarder avec courage, intelligence et lucidité la situation avant qu’il ne soit trop tard. Interdire ou fausser le débat loyal par calcul, peur ou ignorance, sur les causes de notre déchéance équivaut à condamner l’Algérie à une désintégration inéluctable. 
Les exemples de la violence latente alimentée par des haines savamment entretenues sont sous nos yeux. L’embargo fait sur la tragédie du Mzab est significatif des analyses borgnes qui brouillent les investigations qu’appellent les drames inhérents à une gestion violente où les pouvoirs parallèles supplantent toujours l’autorité formelle. 
Les fardages des réalités socio-politiques relayées par une mise sous tutelle de l’expression publique sont une des grandes menaces algériennes de l’heure.
Beaucoup parlent de système, certains consentent même à le rejeter sinon le renier. Pour autant, l’essentiel des acteurs politiques et sociaux s’interdisent d’envisager une issue à nos problèmes en dehors de ce cadre.
L’homme politique n’est sensible aux abus qui brident la vie publique que s’il en est exclus. L’observateur en défend les codes de communication tant que ses propres formulations ou intérêts sont épargnés. L’opérateur économique s’accommode très bien des travers du marché pour peu que ses réseaux échappent aux rigueurs de la loi. Le président de club sportif est prêt à toutes les compromissions s’il se sait intégré dans les compagnonnages hors compétition… 

Le système algérien existe bel et bien. Il a sa logique, ses méthodes, ses objectifs, ses acteurs et ses bénéficiaires. Une tripartie vient de se dérouler avec un syndicat et un patronat candidats historiques à la rente, excluant des organisations syndicales qui ont paralysé pendant un mois tout le système éducatif. Une loi non écrite mais intangible veut que tout intrus soit néantisé quelle que soit sa représentation ou sa légitimité s’il n’est pas reconnu par le logiciel systémique. Cela ne veut pas dire qu’il ne connait pas de turbulences internes. Comme dans tous les ordres mafieux, il peut y avoir des affrontements voire des amputations occasionnelles mais, au dernier moment, l’instinct de survie archaïque, la fameuse conduite reptilienne rivée sur les besoins primaires, développe l’agressivité qui permet la survie de l’espèce. 

La vraie question est de savoir si ces archaïsmes peuvent se reproduire longtemps.

Cette logique de caste est redoutable car elle peut s’imposer aux esprits les plus brillants. L’instinct d’appartenance à la secte transcende les compétences individuelles et inhibe toute capacité critique. Un propos entendu comme incohérent, farfelu ou pernicieux dans un environnement autonome est rationalisé, légitimé voire sacralisé quand il émane du cadre systémique.

On entend aujourd’hui une multitude voix s’élever contre le quatrième mandat auquel postule l’actuel chef de l’Etat; tous le trouvent humiliant, inadmissible et dangereux. Aucune de ces voix ne s’était élevée le jour où l’organe qui leur ordonne aujourd’hui de s’indigner de cette candidature, avait fait violer la constitution pour rendre possible ce qu’on leur enjoint de décrier sans discernement actuellement. C’est le même centre de pouvoir qui a sommé les parlementaires de ne s’absenter sous aucun prétexte pour voter la levée de la limitation des mandats qui orchestre l’hystérie de la condamnation de la présidence à vie. J’ai le souvenir que seuls les parlementaires du RCD, salués, il est vrai, par de très rares observateurs, avaient voter contre ce qui, mécaniquement, menait à la situation présente. 

L’appel à un minimum de décence pour lire en âme et conscience une séquence politique, dangereuse à maints égards, en vue d’en sortir au moindre coût reste inaudible. Et quand des observateurs en arrive à ce degré d’aveuglement c’est que les générations futures ont des soucis à se faire. Ces moments d’embrigadement des esprits sont les plus aléatoires dans l’histoire des peuples car ils peuvent accoucher de toute sorte d’avatars. Nous n’avons pas beaucoup de temps devant nous pour sauver ce qui peut l’être. 

Comme tous les citoyens, j’ai entendu celles et ceux qui se préparent à la prochaine échéance électorale. Tous exigent le rejet du quatrième mandat, rares sont ceux qui assument la proposition d’une commission indépendante de surveillance des élections. 

Quelle différence peut-on établir entre celui qui est en poste et qui dit je ne céderai pas ma place et celui qui affirme, je cite, “je serai candidat quelles que soient les conditions” dans lesquelles se déroulera le scrutin ? En clair, cela veut dire : cette fois j’ai, moi aussi, de bonnes raisons de croire que le bourrage des urnes me sera favorable. 

Comment croire aux promesses de changement quand on passe par perte et profit la notion même de légitimité du pouvoir. 

Quelle différence peut-on établir entre un homme du système qui entend prolonger son bail en privatisant l’Etat et celui qui déclare qu’il ne concourra pas si le système présente son candidat? En clair, cela veut dire: ce qui se passe actuellement n’est pas intolérable par ce qu’il y a déni de citoyenneté, c’est intolérable par ce que je ne suis pas promu parrain de la secte. 

Comment peut-on dénoncer un pouvoir sans contre- pouvoir et appeler, dans le même souffle, l’armée à intervenir pour reprendre sa place d’épicentre de l’Etat tout en se proposant de monter dans ses tourelles ? Où sera le contre-pouvoir dans pareil schéma ? Une telle approche porte un nom: un putsch. De vertueux analystes, immergés dans la logique reptilienne, se sont contorsionnés pour subodorer et extraire des émanations rassurantes voire démocratiques d’un acte, par essence, liberticide. 
La question n’est pas d’accabler les auteurs de ces pensées aveugles. La situation est plus grave car ces faillites conceptuelles trouvent écho chez des hommes, par ailleurs capables de raison et même, pour certains, de fulgurance, pour se transformer en exégètes de l’irrationnel et du malheur. 

Comment peut-on être crédible aujourd’hui, condamner le bilan, effectivement catastrophique, d’un homme et passer sous silence le système et, pour être encore plus précis, l’instance qui l’a rappelé, maintenu par une succession de fraudes et même, nous venons de l’évoquer, violé la constitution pour lui permettre de continuer à sévir ?

Comment peut-on s’offusquer d’un constat d’insuffisance d’un service de renseignements, fut-il fait pour de mauvaises raisons, au motif qu’il y a critique d’une “institution”; ce qui, en l’occurrence, n’est pas le cas ( le DRS n’est pas une institution mais une structure relevant d’une institution), et se livrer aussitôt à des attaques contre d’autres instances officielles qui, elles, sont des institutions ? 

En quoi une institution devrait-elle, par principe, être indemne de critique ? En la matière, la seule chose qui mériterait attention c’est la nature des déficits pointés. Nul n’a contesté la chose. 
On ne débat pas aux services spéciaux rage-t-on ! 

Des professionnels de la désinformation, incapables de tenir le débat, s’emploient à semer la confusion entre armée, services de renseignements et police politique. Il n’est pas question de services spéciaux mais d’un pouvoir parallèle qui fait et défait, depuis l’indépendance, le régime algérien. Personne ne demande la divulgation de la liste des agents des antennes du DRS. Tout citoyen est en droit et en devoir d’exiger que ce service soit sous contrôle d’un pouvoir légitime et qu’il ne décide pas des quotas à distribuer dans chaque élection, ne s’immisce pas dans les affaires de partis, ne soumette pas la presse, ne s’occupe pas de la composition du gouvernement et encore moins du choix du chef de l’Etat…On est loin de l’expertise d’une intelligence qui veille à la sécurité de la nation et rend compte à sa tutelle.

Il faut sonner l’alarme. Rarement les relais d’opinion, dont les rangs sont, il est vrai décimés par l’exil, l’usure ou la clientèlisation, n’ont été aussi puissamment encadrés. 

Oui le débat actuel est biaisé: il est malsain, grégaire, inefficace et, surtout dangereux car il tétanise l’Algérie dans le tabou, marécage où ont proliféré les régressions mortifères qui ont enseveli tant et tant de peuples. 
Mettre de la lumière et de la raison dans la communication algérienne est une urgence absolue. Le patriotisme, aujourd’hui, c’est de percer le brouillard de la déraison et du renoncement, matrice d’un asservissement fatal.

Cette façon de se soumettre à une autorité uniquement par ce qu’on la croit puissante et qu’elle est invisible est porteuse de grands périls. Tout se passe comme si le citoyen était amené à une auto-persuasion qui fait de lui un coupable potentiel ou un client obligé. Chacun aurait quelque chose d’illégal voire d’illégitime à demander ou quelque chose de honteux à se faire pardonner, il est captif d’un pouvoir invisible dont il dépend pour l’éternité et devant lequel il doit être heureux de pouvoir se prosterner.

Que de fois n’a-t-on vu dans l’Histoire des communautés émérites sombrer dans le chaos parce que le citoyen n’a pas usé de son libre arbitre pour peser sur son destin et que la conduite reptilienne l’a privé de voir clair, juste et loin.

On entend dire ici et là dans des circuits parallèles que le moment est mal choisi pour entamer une démarche de rénovation, que le pays est fragile…. 

A-t-on vu une fois des dirigeants algériens issus du système initier une ouverture sans qu’il y soient contraints et forcés. Le printemps amazigh de 1980 avait été diabolisé, la tragédie d’octobre 1988 a été manipulée. Au lieu d’ouvrir loyalement le champ politique, on a louvoyé et perverti les attentes: 15 personnes dotées de 2 millions de dinars pouvaient créer un parti. Pollué par de telles manoeuvres, le pluralisme était miné au départ. Le pouvoir avait beau jeu de gloser, par la suite, sur des hommes politiques incultes, cupides et irresponsables. Au lieu de subventionner les entreprises de presse en tant que structures impliquées dans le service public, on a octroyé deux années de salaire aux journalistes qui se sont retrouvés, à leur corps défendant, des obligés du gouvernement…

Le régime algérien n’a fait de concessions que sous pression et les avancées démocratiques qui se sont imposées à lui sont arrivées par effraction. Octobre 88 nous enseigne que le système algérien ne peut pas et veut pas envisager une communauté de citoyens. Il est fait et vit avec une assemblée de clients. Depuis l’avortement tragique du retour de Boudiaf, les abandons des réformes de la justice, de l’école, de l’Etat annoncées au début des années 2000, le gâchis fait de l’embellie financière consécutive au renchérissement du baril sont venus invariablement attester de l’incapacité du système à se mettre au service de la nation et en phase avec le monde. La scénographie burlesque actuelle qui livre l’Algérie à la dérision universelle n’est que l’aboutissement d’une stratégie vouée à l’échec. Le passif est lourd. Ne nous ne réjouissons pas trop. Les conséquences de cet autisme sont terribles et, d’une façon ou d’une autre chacun de nous a sa part de responsabilité. 

Nous devons agir vite, avec audace et responsabilité car c’est le statut quo qui provoque, et entretient la déchéance algérienne. La fragilité du pays est réelle et s’aggrave de jour en jour. Elle vient de la censure, de la fermeture du pays et des esprits, de l’instrumentalisation de la justice, de l’opacité avec son corollaire la corruption endémique, du népotisme…

Et dans le fracas des injonctions clientélistes actuel, ceux qui refusent de rentrer dans le chantage à la stabilité, s’entendent sentencieusement expliquer que dans tous les pays du monde il y a des services de renseignement puissants. Il y a quelque temps de cela, j’avais eu à ferrailler sur ce sujet avec un des producteurs de ces amalgames qui a été jusqu’à comparer les services de renseignements algériens avec ceux des Etats-Unis. Il avait oublié d’ajouter qu’aux USA, le peuple américain votait librement une fois tous les quatre ans et que c’est le président qui nomme le patron du renseignement et non l’inverse. 

Dernier argument que l’on instille pour soustraire au débat citoyen l’antre où se décide le destin du peuple algérien : les dossiers de corruption. Sur ce sujet aussi, nous ne devons pas céder à la facilité. Aucun pouvoir algérien n’a voulu lutter contre la corruption. Tous en ont profité personnellement ou collectivement. Tous en ont joué pour recruter et construire leur base sociale; quand il y a eu sanction, c’est que le concerné est tenté de s’émanciper ou de changer de camp. La corruption est un mode d’organisation politique et un levier d’ajustement et de régulation des intérêts interclaniques. Et ceux qui, probablement à juste titre, s’effraient des sommes détournées dans les hydrocarbures, l’autoroute est-ouest, l’agriculture, le médicament, le foncier ou les travaux publics, seront surpris de découvrir une autre saignée: le coût financier du pouvoir occulte qui prélève, contraint et dérègle les circuits économiques par son omnipotence. 

Cet agrégat de castes dominant un marché sans règle ni visibilité qui grève le budget de l’Etat par ses recrutements pléthoriques, peu qualifiés et parasitaires est également un détournement de la ressource nationale qui n’a rien à envier aux commissions qui ponctuent la quasi totalité des contrats.

La corruption est au coeur du système algérien. 
J’ai pris quelques exemples au hasard de l’actualité et des diatribes qui agitent la scène médiatique pour montrer comment on empêche l’Algérie de rentrer dans l’échange politique adulte qui permettrait, s’il en est encore temps, de voir comment sortir d’une ornière qui la condamne à disparaitre de l’échiquier régional. 

La question n’est pas le quatrième ou le cinquième mandat. Le coup est bel et bien parti. Tout ce que l’on peut faire c’est de le disqualifier pour en rapprocher le terme. Le bilan du chef de l’Etat ne peut être dissocié de celui du DRS. De toutes façons, maintenant que les services spéciaux se sont soumis au dictat du clan présidentiel, les cris d’orfraie vont cesser du jour au lendemain.

Demeure la vraie question. Comment envisager l’après élection ?
La seule question qui vaille d’être posée est simple : quand et comment le citoyen algérien pourra-t-il voter librement sans prendre le risque d’un ticket sans retour. 
Il m’a été donné de le dire il y a quelques années de cela; je ne peux que réitérer l’alerte. l’Algérie ne vit pas une crise politique. Elle est dans une impasse historique. Il y a une différence de nature et non de degré entre les deux phénomènes. Le monde, la région et la nation ne peuvent pas s’accommoder d’un modèle qui a survécu un demi siècle au détriment du pays. Les choix stratégiques retenus sont antinomiques du développement national. Nous avons effleuré les dommages occasionnés au pays. La stratégie de la tension que nous cultivons dans la région, et que les segments sécuritaires de notre voisinage, également réfractaires au choix du peuple souverain, relaient et amplifient précipitera notre chute. 

Nous le savons tous; dans deux à trois ans, les recettes des hydrocarbures seront à peine suffisantes pour payer les pensions. Le statut quo, le pouvoir occulte, les fraudes électorales, la répression et la corruption ne sont plus de mises. Dans notre entourage immédiat ou dans des pays plus lointains comme l’Ukraine, le Vénézuela ou la Thailande, qui n’ont pas su faire les adaptations nécessaires, les peuples se soulèvent. Et encore; il y a, là-bas, des organisations qui parviennent, peu ou prou, à canaliser les fureurs populaires. 

Que se passera-t-il chez nous quand viendra le moment du débordement des énergies et des intelligences niées et des espoirs trahis ?

C’est le moment pour moi d’avancer quelques pistes pour inviter à la réflexion dans l’humilité et la responsabilité.
Le système a stérilisé la nation. Fraudes, censures, corruption et répression ont épuisé l’opposition. Le désert culturel et les lois liberticides ont étouffé la société civile. Quand à force de sacrifices et de dévouement un parti réussit à casser un carcan et à conquérir un mandat, les officines ne s’embarrassent pas de loi ou de scrupules: les présidents d’APC de Berriane et de Beni Abbas qui ont à leur actif des bilans que leur envieraient des élus des pays démocratiques ont été illégalement démis pour avoir refusé de trahir leur parti. Prenant le relais de la partialité de l’administration, ses organes politico-médiatiques entonnent, sans vergogne, l’antienne d’une opposition invisible. 

L’opposition : combien de divisions, a cru encore pouvoir ironiser un ancien cadre de l’armée que l’on croyait revenu de l’arrogance des sots à laquelle il a lui même payé le prix fort. Accabler les victimes des censures et de la fraude au lieu de dénoncer les fléaux qui empêchent l’expression et l’activité de l’opposition. Y-a-t-il pire manière de maintenir la régression ? 

Il n’est pas possible de lutter efficacement dans des conditions d’abus, de sectarisme et d’opacité aussi patentes. Il s’agit de créer un climat de compétition politique qui, pour une fois depuis l’indépendance, donne une visibilité des courants qui traversent la société algérienne. Etablir enfin la carte d’identité idéologique de la communauté nationale. Est-ce trop, n’est-il pas légitime d’œuvrer à sortir enfin l’Algérien du dévastateur et humiliant SNP politique que nous infligent les fraudes ? 

Pour y parvenir, il convient de s’engager dans un processus ordonné de sortie du système qui a prévalu depuis 1962. Des voix consensuelles émanant de partis conduits par des jeunes dirigeants ou des personnalités n’aspirant plus à une ambition politique se font entendre pour proposer une phase transitoire nécessairement limitée dans le temps, qui doit être entreprise au plus vite. Elle sera dirigée par un collège de personnalités indépendantes qui ne pourront pas concourir dans les échéances post-transitoires. 

Il y a lieu d’élaborer aussitôt un cahier des charges auquel doivent souscrire tous les compétiteurs. 
Aucune formation ne devra s’exonérer des règles qui s’imposent à tout acteur se réclamant de la démocratie. La légitimité est conférée par la seule volonté populaire. Aucun autre référent ne doit être avancé dans le champ politique pour prétendre à l’accès, l’exercice ou au contrôle du pouvoir. Le droit de la minorité est imprescriptible quelle que soit l’importance de la majorité au pouvoir. 

Pendant cette transition, une constitution sera élaborée par un consensus construit entre les différents acteurs de la classe politique et de la société civile. Dans les pays où cette approche a été privilégiée, les débats ont été plus sereins et les résultats équilibrés. En cas de nécessité, le recours à un référendum peut toujours être envisagé.
Les élections législatives et la présidentielle doivent couronner cette phase de remise en ordre de la maison Algérie.

Il est temps de regarder haut et loin. Nous, le devons à nos enfants. Chacun de nous a essayé de faire faire au pays un chemin vers la lumière à partir d’un échafaudage politique obsolète. Le résultat est une régression qui expose la nation à toutes les aventures. 

Depuis 1962, la représentation nationale s’est construite autour d’intérêts de groupes au détriment de l’Algérie. Ce ne sont ni les réalisations ni les institutions qui ont permis à la nation de perdurer. Les ressources naturelles exceptionnelles qui nous ont assuré une vie de passivité sont dorénavant insuffisantes pour affronter les défis qui nous attendent. 

Le recyclage de pensionnaires de la pensée unique, s’il peut encore faire partie du décorum politique, ne peut plus être la panacée. Leur activisme participe d’un langage politique inconnu des jeunes qui se feront entendre: dans la cohabitation ou la fureur.
Débattons librement et loyalement dans le respect de toutes les opinions. Nous devons ce respect à notre peuple. Il est peut être encore temps de sauver l’Algérie.

Je vous remercie pour votre attention.

SAID SADI

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LA FRANCE ET LES AFRICAINS : La limite des maquillages

Posté par rcdbrto le 15 décembre 2013

Quelques jours après le sommet France-Afrique de Paris, Jean-Marc Ayrault arrive demain à Alger, en compagnie de dizaines de chefs d’entreprises de son pays. Saïd Sadi décortique dans cette contribution exclusive les dessous et les enjeux de ces deux événements, à la lumière de la situation politique interne de l’Algérie. 

Malgré les précautions prises pour alerter le Conseil de sécurité qui a fini par donner son accord, en dépit de la présence de Ban Ki-moon et de Baroso lors du sommet de Paris, quelle qu’ait été l’insistance des roucoulements de la camarilla politico-médiatique algéroise, prolongement mondain du Parti socialiste français, la mise en scène ne convainc pas. Le fait d’avoir fait endosser la présidence symbolique de ce conclave à un Mandela dont la vie se confond avec le combat pour l’émancipation du continent n’a fait qu’ajouter au malaise suscité par une démarche dont la dimension manœuvrière a heurté plus d’un.
Un sommet France-Afrique au 21e siècle est d’abord une incongruité. Il ne sera jamais l’équivalent d’un sommet Europe-Afrique et, quoi que l’on en dise, l’événement est et sera entendu pour ce qu’il est : un reliquat de l’ère coloniale où une nation convoque 50 autres avec comme finalité la protection non pas des populations  mais de positions acquises sur l’uranium ici, les métaux précieux là-bas, le bois ou le pétrole ailleurs. (…Lire la suite…) http://www.liberte-algerie.com/actualite/la-limite-des-maquillages-la-france-et-les-africains-212089

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ÉLECTIONS LÉGISLATIVES PROCHAINES

Posté par rcdbrto le 17 décembre 2011

Actualités : ÉLECTIONS LÉGISLATIVES PROCHAINES
Saïd Sadi : «Les quotas sont déjà décidés»

L’affirmation est capitale. S’agissant des prochaines élections législatives, le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Saïd Sadi, a soutenu, vendredi, devant le conseil national du parti réuni en session extraordinaire que «la politique des quotas est déjà décidée», précisant que son parti «n’est pas client».

Sofiane Aït Iflis – Alger (Le Soir) – Si le RCD a retenu de tenir une session extraordinaire de son conseil national ce n’est pas pour trancher sa participation ou pas à la prochaine consultation électorale. La décision sera arrêtée ultérieurement, fort probablement lors d’un congrès que le parti a décidé de réunir avant la tenue des élections législatives. Aussi le RCD a convoqué cette session pour, fondamentalement, analyser la situation politique qui prévaut dans le pays, à présent que les prémices de fièvre électorale se font sentir chez beaucoup, mis aussi pour délivrer une observation critique des réformes politiques désormais quasiment achevées en termes de cadrages juridiques. L’on sait quelle appréciation le parti de Saïd Sadi fait des réformes telles que conçues par le chef de l’Etat et validées par le Parlement. Le parti y voit, à raison, un retour au parti unique, tant est que le processus mis en branle a eu pour finalité un renforcement des verrous autour de l’expression citoyenne, ce dont attestent les lois devant régir les médias, la vie associative ou l’exercice partisan. Et parallèlement à ce verrouillage, le pouvoir s’emploie au chantage par l’islamisme. Une supercherie dont il faut sortir, a clamé Saïd Sadi qui, évolution notable dans son discours, a soutenu qu’«il vaut mieux un islamiste qui s’assume qu’un FLN qui nous consume». Comme pour répliquer à ceux qui, nombreux, exhibent déjà le spectre de l’islamisme, le président du RCD a affirmé qu’il «n’a pas peur d’une majorité islamiste, à condition qu’elle s’assume», soulignant, au passage, que cette majorité est, au demeurant, déjà à l’APN. Pour Saïd Sadi, la présidence de la République et le DRS rivalisent chacun de son côté à jouer la carte islamiste. «Ils se rejoignent sur la finalité. Le DRS essaie de jouer un candidat islamiste et le chef de l’Etat essaie, de son côté, à jouer sur des adversaires islamistes », a-t-il encore soutenu, expliquant, s’agissant du DRS, que ce dernier «est gêné par l’émergence d’une alternative qu’il ne contrôle pas». Ceci dit, le président du RCD a estimé qu’il est encore possible de changer les choses, à travers, entre autres, un retour aux fondamentaux du militantisme tel que pratiqué du temps du parti unique. «Retrouvons les chemins de la communication qui ont permis d’ébranler la propagande du parti unique», a-t-il recommandé. Une recommandation que le porte-parole du parti, Mohcène Belabès, complète par dire que «le combat classique est dépassé».
S. A. I.

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Amirouche, chef de guerre et homme d’état

Posté par rcdbrto le 13 décembre 2011

Par : Hamou Amirouche (*)

Amirouche, chef de guerre et homme d’état dans contributions 12_200_150La contribution du frère Si Mohamed Maârafia (Soir d’Algérie des 6 et 7 décembre 2011) tranche singulièrement avec l’esprit partisan et les propos infamants auxquels une meute d’écrivaillons sans relief a eu recours en 2010 pour séquestrer, à défaut des restes, l’âme d’un héros national. Venant d’un frère de combat, universitaire de surcroît et dont la rétrospective n’a apparemment pas faussé l’analyse historique, j’allais l’endosser sans faire la fine bouche. Mais un deuxième essayage m’a quelque peu gêné aux entournures et voici pourquoi.

Je passe sur les sources documentaires ou sur les témoignages où Si Maârafia a puisé ses informations pour éclairer une période claire obscure de la Révolution et que le lecteur aurait voulu identifier. En tant qu’universitaire et maquisard, Si Maârafia, nul doute, sait que le récit des maquisards même s’il  constitue une source indispensable à l’historien qui prend la mesure des enjeux idéologiques, des représentations tronquées ou des mensonges par omission, n’est pas l’Histoire, discipline scientifique qui obéit à des règles rigoureuses d’écriture.

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Comment développer l’information dans les langues populaires

Posté par rcdbrto le 1 décembre 2011

Contribution : L’INTRODUCTION DE TAMAZIGHT DANS LES MÉDIAS

Comment développer l’information dans les langues populaires

Comment développer l’information dans les langues populaires dans contributions

Par Hakim Saheb, avocat et député du RCD

Aborder la question de l’intégration de la langue et culture amazighes dans les systèmes de communication et d’information revient à s’interroger sur la dimension réelle de l’Etat de droit et plus particulièrement sur la situation du respect d’un droit de l’homme.

En effet, le droit et la liberté de l’information constituent une composante essentielle de la liberté d’expression. Le droit à l’information est considéré, tout à la fois, comme l’un des fondements d’une société démocratique et une condition nécessaire à son progrès et à l’épanouissement de ses membres. De nos jours, les droits culturels et le respect de la pluralité et de toutes formes d’expression sont au centre de la notion des droits de l’homme. Ces droits s’inscrivent dans les droits dits de deuxième génération, à savoir les droits économiques, sociaux et culturels et qui comprennent, au sens de Déclaration universelle des droits de l’homme, le droit de prendre part librement à la vie culturelle, d’accéder aux moyens de communication, de jouir des arts et de bénéficier du progrès scientifique et technique, et des bienfaits qui en résultent. Le droit à la participation culturelle englobe la faculté de concourir à la vie culturelle de toute communauté humaine – fut-elle minoritaire – et implique la préservation des identités et des spécificités culturelles, linguistiques, religieuses, et ce, par la libre participation à la vie de la société, la prise en charge de son destin et de ses intérêts dans le processus de développement. Lire la suite… »

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Contribution : L’OPIUM ET LE BÂTON De l’écrit à l’écran ou l’art peut-il devenir un artifice ?

Posté par rcdbrto le 1 décembre 2010

  Contribution : L’OPIUM ET LE BÂTON.   Par Hacène-L’Hadj Abderrahmane*

De l’écrit à l’écran ou l’art peut-il devenir un artifice ?

La question demeure donc toujours posée : pourquoi le réalisateur a substitué le nom de Abbas à celui de Amirouche ? Car, et quels que soient les arguments peu convaincants avancés par Rachedi, les péripéties de son film se déroulent bel et bien en Kabylie,     lire l’article…

* Diplômé de l’Institut du cinéma de Moscou (V.G.I.K). Ex-directeur de la Cinémathèque algérienne.

Ex Directeur de la maison de la culture Mouloud MAMMERI.

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Saïd Sadi répond à ses détracteurs

Posté par rcdbrto le 31 août 2010

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Saïd Sadi répond à ses détracteurs 

La saison estivale n’aura que très modérément réduit les irruptions médiatiques engendrées par la publication du livre Amirouche, une vie, deux morts, un testament. Si l’on veut être optimiste, on peut en conclure que la profusion des interventions témoigne de la soif des Algériens de comprendre un passé dont ils ont été dépossédés et par lequel on les a soumis. Si l’on s’en tient à la nature de la grande majorité des productions, force est de constater que la plupart des auteurs se sont saisis de la parution du livre qui pour régler des comptes, qui pour jeter l’anathème sur mon initiative en vue de maintenir, d’une manière ou d’une autre, la chape de plomb sur la mémoire algérienne.  

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