Un nouveau départ pour l’Algérie (Partie 3)

Posté par rcdbrto le 19 février 2017

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Un nouveau départ pour l’Algérie (Partie 3)

Médias et démocratie

La presse se heurte à de nouveaux problèmes d’ordre économique ou structurel qui menacent des journaux dans leur survie au moment où le gouvernement continue, malgré tout, à entretenir une pluralité de façade, au détriment d’une véritable relance du secteur. 
La presse écrite est prise entre deux feux : d’un côté le régime ne peut plus supporter les charges des titres qui vivent de la publicité de l’ANEP, de l’autre ce même régime a peur des titres qui se sont affranchis de cette dépendance financière. Des pressions sont exercées sur les annonceurs privés pour les dissuader de publier leur message dans ces journaux qui continuent, malgré tout, à être les plus suivis par le grand public. La récente promulgation du nouveau statut du journaliste ne répond pas au fond du malaise ; les journaux sont toujours sous pression, fiscale ou politique, et les journalistes sont sous-payés et non-protégés. Une situation qui instaure de fait l’autocensure dans la majorité des rédactions. Pour ne pas démentir cette tendance au verrouillage, le gouvernement a annoncé la préparation d’un nouveau dispositif pour contrôler la presse électronique, en obligeant les sites d’information à avoir leur hébergement en Algérie.

Au plan économique et socioprofessionnel, les médias audiovisuels vivent les mêmes difficultés que la presse écrite : marché publicitaire, de plus en plus sélectif, méfiance des pouvoirs publics à l’égard des investisseurs privés, absence de représentants des journalistes et des professionnels de l’audiovisuel dans les instances décisionnaires… Mais l’urgence pour ce secteur qui est livré à l’« offshore », réside dans l’application de la loi sur l’audiovisuel.

Dans ce domaine, le RCD préconise de : 
• Soustraire les demandes d’agrément de la bureaucratie par la concrétisation du régime déclaratif par le biais d’un simple constat de l’huissier de justice. Cette mesure participe aussi de la lutte contre la médiocratie générée par le refus de l’octroi d’agréments aux nouveaux titres non clientélisés.
• Cesser d’ériger la communication en département ministériel.
• Installer une autorité de régulation de la presse écrite autonome pour éviter toute interprétation de la loi dans le sens qui met cette instance sous la coupe des pouvoirs publics. Cette mesure peut constituer le début d’une certaine crédibilité de la presse publique car dans tous les pays du monde c’est elle qui assure la neutralité et l’équilibre de l’information. Quant au reste de la presse, il ne peut être que privé. 
Quand tous les investisseurs ou autres collectifs d’un pays ont les mêmes chances, on aura nécessairement une presse privée diverse, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.
• Rendre effectif un programme d’aides directes et indirectes à la presse écrite géré dans la transparence. L’argument de l’aide par «la publicité de l’ANEP » ne tient pas. Cette manne sert essentiellement d’instrument de contrôle et de pression.
• Mettre fin au monopole exercé par l’ANEP et donner toute la latitude aux annonceurs de choisir le support et le titre qui leur sied.
• Publier sans délais l’appel à soumission pour délivrer les agréments sur la base du cahier des charges adopté par le gouvernement relatifs aux chaines de télévision. Il n’est pas normal que la TDA ait acheté des fréquences sur des satellites étrangers, payés par l’argent public, sans les exploiter pour un retour de l’investissement. La notion de chaines « tolérées » est une entorse à la loi. Elle décourage dans les faits les meilleurs investissements dans ce domaine.
• Dépénaliser les délits de presse et adopter des textes qui assurent la crédibilité de l’information et la protection du journaliste dans l’exercice de ses missions.

 

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