Mohcine BELABBAS répond à Abdelaziz BOUTEFLIKA

Posté par rcdbrto le 21 octobre 2016

Alger, le 19 octobre 2016
Réf : PRCD/077/16
Monsieur le Président de la République

Objet : votre missive du 09 octobre 2016 portant consultation des partis au sujet de la nomination du président de la haute instance indépendante de surveillance des élections.

Monsieur le Président,
Votre Directeur de Cabinet nous a adressé une missive traitant de la désignation du président de la dernière instance que vous comptez installer en prévision des prochaines échéances électorales. 
Consulter, c’est demander avis afin de faire le bon choix. Or, à travers la terminologie utilisée dans ce courrier, il nous est demandé de porter un jugement sur une personne physique sur la base d’un curriculum vitae le présentant comme un commis de l’Etat au service de l’exécutif depuis 1999. Nous savons tous que la loi organique relative à la Haute Instance Indépendante de surveillance des élections stipule dans son article 7 que les membres de l’instance ne doivent « être ni affiliés à un parti politique ni titulaires d’une fonction supérieure de l’Etat ».
Plus fondamentalement, chacun sait que le vote est un droit civil et politique du citoyen. Il est un élément central dans le renforcement de la confiance du peuple dans le processus électoral et, donc, de la démocratie qui en découle. Le vote libre confère surtout de l’autorité et de la légitimité au gouvernement. En effet, un scrutin juste et équitable est une élection qui permet aux différents partis en lice de concourir dans un environnement caractérisé par la confiance, la transparence, l’équité dans l’accès aux médias publics et l’obligation de rendre des comptes une fois le mandat accompli.

Un scrutin véritablement démocratique exige que soient respectés la liberté d’expression et de la presse, la liberté de réunion et d’organisation et un climat où seraient bannis les intimidations et les passes droits. C’est à ces seules conditions qu’on pourra permettre aux électeurs de faire enfin un choix éclairé entre des alternatives politiques distinctes.

C’est cette conception qui a notamment motivé notre offre politique proposant la constitutionnalisation d’une instance indépendante de gestion des élections. La haute instance de surveillance des élections que vous avez introduit dans la nouvelle constitution condamne, en attendant une nouvelle révision, l’Algérie à voir, cette fois encore, son espérance démocratique différée. Notre proposition, si elle avait été entendue et constitutionnalisé, nous aurait ouvert les chemins de la stabilité et de la démocratie. Les fraudes électorales, outre qu’elles hypothèquent la crédibilité de la Nation, projettent en première ligne la responsabilité du chef de l’Etat. Vous aurez compris, Monsieur le Président, à quel point nos conceptions de la vie publique sont dissemblables.

Comme vous le savez, le RCD a décidé, à travers son conseil national du 07 octobre 2016, de participer aux élections législatives du printemps 2017. Nous savons qu’en l’absence de volonté politique et de sens des responsabilités qu’il est vain de croire à la transparence et régularité du scrutin. Mais, par sa participation, le RCD vise à insuffler une culture de surveillance citoyenne, à l’instar de celle déjà en vigueur dans les villages de Kabylie, où seul le vote des corps constitués pose problème puisqu’il échappe à la vigilance populaire et peut de ce fait fausser les résultats électoraux et les rapports de force politique, surtout, quand le taux d’abstention est élevé.

C’est ce genre de mobilisation militante qui nous a permis par le passé de sauver un siège de député en 2007 dans la wilaya d’Illizi. Je ne doute pas que vos responsabilités passées et la méticuleuse surveillance dont est l’objet l’opposition vous ont permis de savoir que seule la détermination des militants du RCD a empêché, ce jour-là, les gendarmes d’enlever les urnes avant le dépouillement.
Notre décision de participation découle de notre expérience. Nous serons présents là où nous sommes en mesure de réduire les fraudes, manœuvres consubstantielles à l’accès, l’exercice et la reproduction du pouvoir en Algérie. Demeure une donnée sur laquelle nous nous faisons un devoir d’attirer votre attention : les fraudes électorales durent tant que la confiscation du trésor public, le monopole des moyens de communication et le chantage à la sécurité pèsent sur le quotidien du citoyen.

Vous êtes bien placé, Monsieur le Président, pour savoir, compte tenu de toutes les contraintes nationales et internationales qui nous engagent, s’il est réaliste d’infliger à nouveau à notre pays d’autres épreuves en reconduisant des pratiques qui sont à l’origine de nos problèmes passés et présents.

Vous voyez bien que pour nous, le combat politique passe d’abord par la sensibilisation des citoyens quant à l’impact de leur mobilisation et de leur implication dans la construction de l’Etat de droit et de l’avenir de la Nation.

Veuillez croire, Monsieur le Président, en l’engagement et la détermination des militants du parti que je représente pour l’avènement de l’Algérie démocratique et sociale.

Mohcine Belabbas
Président du RCD

40, rue Mohamed Chabane- El Biar – Alger شارع محمد شعبان الابيار الجزائر العاصمة – الجزائر
Téléphone : 00-213- (0) 21 92 50 76/77 : الهاتفFax 00-213- (0) 21 92 51 01فاكس
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