Quand le régime algérien louait les services de Bernard-Henri Lévy pour vendre son image

Posté par rcdbrto le 22 septembre 2011

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par Samia Chentou

Depuis le début des révolutions populaires pour la chute des régimes dictatoriaux dans les pays du Sud, le DRS s’ingénue à monter des scénarii imaginaires pour salir l’image de tout acteur pouvant constituer une alternative dans l’Algérie de demain.  La stratégie est aussi vielle que les dirigeants abreuvés à l’école du KGB.

En 1998, au moment où la campagne du « qui tue qui » battait son plein, le régime algérien avait fait appel au service de Bernard Henry Levy afin de l’aider à réhabiliter l’image sombre de l’Algérie sur la scène internationale (il y a une semaine le régime algérien a fait appel cette fois à Yves Bonnet, directeur de la DST pour l’aider dans sa campagne contre la révolution libyenne). Officiellement, BHL était venu en Algérie pour réaliser un reportage pour le compte du quotidien le Monde. Dans les faits, il s’agissait de donner une assise par une visite sur le terrain à un homme d’influence et très médiatique missionné pour répondre aux attaques des kitukistes contre les militaires algériens.

BHL a bénéficié de la part du système algérien de toutes les facilités pour circuler sur tout le territoire algérien de l’ouest à l’est en passant par la Kabylie. Il a été reçu, y compris dans la résidence d’Etat du club des pins, par les plus grands pontes du régime à commencer par Cherif Rahmani, à l’époque ministre gouverneur d’Alger qui l’a même accompagné dans le quartier mythique de la Casbah. Les portes de la Sonatrach lui ont été grandes ouvertes et a été accueilli par l’état-major de l’entreprise au grand complet.

Saïd Sadi, acteur incontournable de la scène algérienne, a rencontré, pour la première fois, Bernard-Henri Lévy au moment de ce reportage en janvier 1998. Bernard Henry Levy a interviewé plusieurs autres personnalités à l’image de Miloud Brahimi, le commandant Azzedine, des journalistes comme Tayeb Belghiche, Abla Cherif…, des femmes comme la directrice du centre de réparation psychologique des enfants handicapés et la directrice du centre d’accueil des femmes en détresse.

Said Sadi rencontre une autre fois BHL à l’occasion de la présentation à Cannes, en mai 2008, du film du réalisateur Daniel Leconte «  c’est dur d’être aimé par des cons » qui relate la genèse et les manœuvres qui ont accompagné la publication de caricatures d’un journal danois.

Durant ses deux interventions, lors de l’émission organisée par la télévision du festival et de la conférence de presse qui a précédé la projection du film , le président du RCD a estimé que «  vouloir distinguer les musulmans par une forme de condescendance qui en ferait des êtres immatures incapables de discerner l’agression de l’ironie, qualité reconnue aux autres croyants, est une forme de ségrégation qui choque et blesse tout musulman soucieux de respect et de considération. Il est bon que ce débat ait lieu, d’autant que les deux parties sont présentes et discutent ici en toute sérénité ».

Ech-chourouk et En-nahar, c’est-à-dire le DRS, se saisissent d’une photo où l’on voit Said Sadi et BHL et construisent des « unes » et des articles où la violence le dispute au racisme le plus abject. Un Kabyle et un juif sa fait complot. Un responsable du système accoquiné à la même personne participe de la politique ! Le mal qui ronge l’Algérie est d’autant plus complexe qu’il interdit de l’aborder.

Mais, il n y a pas qu’Ech-chourouk et En-nahar à avoir cette vision sélective. El Watan agressé par le même En-nahar, s’est violement et légitimement défendu. Le même jour, il publie une lettre de Ghazi Hidouci, ancien ministre de Mouloud Hamrouche, qui répond aux attaques dont il est l’objet. Jusque-là rien que de très normal. Le journal fait accompagner la missive de l’ancien ministre par un article qui dénonce les attaques indignes lancées par Mguedem et ses sbires contre les hommes qui expriment des opinions différentes. C’est là qu’apparait un autre problème. La condamnation de Mguedem et de ses journaux se limite à une indignation sélective qui ne s’exprime que si elle touche des frères de la même tribu politique, les hamrouchiens en l’espèce. On ne croit pas avoir lu dans El Watan un papier dénonçant les attaques racistes d’En-nahar qui ont ciblé Said Sadi, le RCD ou les kabyles complices du sionisme international via BHL.

Le sectarisme est vulgaire et caricatural chez En-nahar. Il n’est malheureusement pas une marque de fabrique exclusive d’En-nahar. Il vaut mieux le savoir si on veut connaitre la profondeur du mal qui ronge le pays.

Autre chose, si aujourd’hui Mguedem est démasqué et c’est une bonne chose ; il est bon de se rappeler qu’il n’a été que la deuxième mâchoire de la tenaille qui a broyé l’espoir né d’octobre 88. Mguedem a asservi l’ouverture médiatique et Hamrouche a pollué la scène politique par l’encouragement de la prolifération de partis au moment où les formations qui ont lutté pour la démocratie sortaient exsangues de la clandestinité.

C’est aussi là que le dérapage a eu lieu.

 

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