Discours de Said Sadi à l’ouverture du regroupement des étudiants à Tigzirt

Posté par rcdbrto le 24 juillet 2010

Mes chers amis, je vous souhaite la bienvenue dans cette belle ville de Tigzirt en espérant que vous y passerez un séjour agréable et utile même s’il est bref.

Je me fais un devoir de venir participer à ces rencontres car je considère que le jeune algérien doit recevoir la plus grande attention de la part de tous ceux qui veulent que notre pays soit une nation de paix de progrès et de liberté.

Il y a deux façons de concevoir le destin d’un jeune en 2010 dans notre pays.

Il y a une vision qui consiste à voir un pays démoli par la violence, l’arbitraire et la misère. Un pays où le mensonge et les promesses jamais tenues ont découragé la majorité des citoyens et notamment les jeunes qui à leur tour se débrouillent comme ils peuvent en prenant exemple sur des dirigeants qui ne croient en rien et ne respectent rien. Des jeunes, gagnés par cette sinistrose, se font recruter par des clans qui les utilisent, leur font croire qu’ils peuvent avoir tout, tout de suite et facilement. On les trouve dans le trabendo, les maquis ou la harga. La plus grande partie de ces jeunes, attirés par la réussite facile, finissent mal. Ils sont généralement arrêtés et j’en ai rencontré beaucoup dans les prisons ou j’ai été détenu et commencent leur vie active dans une déchéance d’où ils ne reviennent que très rarement. D’autres sont tués dans les maquis, car ce sont eux qu’on envoie à la mort. Il y en enfin qui finissent dans les banlieues comme dealers ou pickpockets quand ils ont pu traverser et échapper aux naufrages ou aux gardes côtes nationales ou étrangères.

Quand un pouvoir ne donne aucune chance à ses enfants, il les livre à toutes sortes d’aventures. Or la vie, vous devez d’abord être surs de cette vérité, n’est pas une loterie. La vie est le premier et le plus beau cadeau que l’on reçoit le jour de sa naissance. Il faut se donner toutes les chances de la réaliser de façon sure, durable et honnête pour qu’elle soit agréable et respectable. Nous, en tant qu’aînés et responsables politiques qui refusons le malheur qui s’abat sur le pays, nous avons le devoir de vous éviter d’abord de commettre ces erreurs dans lesquelles sont tombés tant et tant de jeunes qui n’ont pas eu la chance de rencontrer dans leur vie des femmes et des hommes qui les alertent, les guident et les orientent vers d’autres chemins que ceux du désespoir et de la déviance.

Il y a une deuxième façon de voir votre situation de jeunes vivants dans l’Algérie de 2010. Prenons le regroupement d’aujourd’hui. Si on se dit qu’il n’y a pas de bonheur durable loin de son pays, si on veut chercher d’autres voies que celles où vous pousse le pouvoir, on peut trouver des issues qui montrent des objectifs réalistes, beaux et qui ouvrent les portes de l’espoir.

Vous avez la chance d’avoir fait des études. C’est un premier acquis. Au lieu de dire comment je vais rencontrer fortune au coin de la rue, on peut se dire comment utiliser au mieux son savoir pour réussir sa vie, faire plaisir à ses parents et servir les autres car il n’y a pas de réussite valable sans effort et morale. Alors le jeune doit commencer à regarder autour de lui pour s’informer, pour voir ce qu’on fait celles et ceux qui ont laissé leur nom dans l’histoire alors qu’ils avaient 20 ou 30 ans et qu’ils pouvaient eux aussi se laisser gagner par le désespoir ou la colère. Il apprendra alors que face à la quatrième armée du monde, aidée par d’autres puissances, des jeunes ont réussi à donner un sens  à leur vie en s’organisant modestement, difficilement avant de mener une immense bataille qui les a fait rentrer dans l’Histoire. Leur vie a pris du sens, de la valeur le jour ou ils ont pris la résolution de refuser d’abdiquer ou de céder aux offres trompeuses. Vous aussi, si vous arrivez à avoir envie de retrouver les traces de ceux qui vous ont procédés dans la volonté de réussir leur vie vous aurez fait le premier et le plus grand pas dans la construction de votre existence. Quand vous avez découvert que chacun est responsable de son destin, vous avez accompli l’essentiel. Vous n’êtes donc pas obligé de vous laisser gagner par la colère, la tentation ou le nihilisme en prenant comme raison de votre fureur l’échec et l’arbitraire des dirigeants actuels. Il faut savoir trouver et apprécier d’autres repères, d’autres exemples, d’autres valeurs pour se sauver de la destruction et du même coup sauver son pays.

Vous avez la chance d’avoir connu dans votre vie des évènements glorieux ou entendu des membres de votre famille, rencontré des amis  ou simplement des citoyens qui vont ont rapproché de notre parti.  Après la découverte des exemples donnés par nos héros, c’est là une deuxième opportunité. Il n’y a pas en Algérie un autre parti qui réunit chaque année des étudiants pour les former à la citoyenneté, à la vie publique pour apprendre défendre leurs droits et défendre leur pays. Cela peut vous inciter à apprendre les langues étrangères, vous initier à la maîtrise d’internet et vous adonner au sport pour entretenir votre santé physique et mentale. Cette chance, si vous la saisissez, si vous la respectez, est la clé de votre avenir. Vous apprendrez à lire avec pertinence et droiture les droits et devoir de chacun, vous pourrez rencontrer des amis avec lesquels vous pouvez mener des projets politiques mais aussi professionnels ou sociaux. Vous vous enrichirez de solutions et de relations qui vous aideront toute votre vie. En apprenant à respecter un règlement intérieur, des statuts, vous donnez crédit à votre engagement, vous découvrez la loyauté, vous maîtrisez l’effort, vous vivez la solidarité et, par dessus tout, vous apprendrez à vous connaître pour tirer le meilleur de vous-même car vous rentez dans la vie adulte par la bonne porte.  

Si vous vous engagez dans cette voie : celle du savoir, de l’honneur, du travail et de la générosité, tous les espoirs vous sont permis. Mais vous devez savoir, dès à présent, qu’une vie c’est à la fois long et court. C’est long car ceux qui l’ont réussi ont appris jusqu’à leur dernier jour ; c’est court car il suffit de rater quelques marches pour compromettre une carrière et un destin.

Vous apprendrez ici qu’entre les maquis terroriste et le naufrage de la harga il y a novembre et la Soummam qui ont donné naissance au RCD qui vous accueille.

Nous vous aiderons à trouver les repères qui ont permis à notre peuple de se libérer du colonialisme, nous avons construit un parti qui vous aidera à trouver et emprunter les meilleures voies pour vous réaliser, nous serons régulièrement à vos côtés pour vous faire part de notre expérience  pour ne pas commettre les erreurs que certains d’entre nous n’ont pas su ou pu éviter car ils n’avaient pas trouvé à leur côté des personnes averties et disponibles pour les guider.

Vous serez de bons citoyens si vous honorez les valeurs qui animé les luttes de nos aînés, vous serez de bons militants, c’est-à-dire demain de bons dirigeants, si vous comprenez que la réussite personnelle passe souvent par le respect et la protection des droits de tous.

Maintenant, pour être encore plus clair, je vais vous faire part de mon expérience personnelle. J’ai connu beaucoup de mes confrères médecins qui ont ouvert des cabinets au moment ou nous n’étions pas nombreux et qu’il suffisait de s’installer pour faire fortune. Certains, en se mettant au service du pouvoir, ont ramassé beaucoup d’argent. Je n’ai jamais voulu ouvrir un cabinet. J’ai été major de ma promotion en spécialité. J’ai construit ma maison à l’âge de 60 ans. Quand je croise ces personnes qui ont renié leur déontologie et les valeurs de leur collectivité, je vois bien, et certains me le disent, qu’ils n’ont pas réussi leur existence. Même si la vie de mes enfants n’a pas été facile, je sais aussi qu’ils sont plus heureux que les enfants de ces confrères, aveuglés par la course à l’argent et qui finalement n’ont rien transmis de sérieux à leur descendance. Je ne vous demande pas d’aller en prison comme nous l’avons fait ni de faire don de votre vie comme l’ont fait nos aînés qui avaient à peine votre âge quand ils ont pris leurs responsabilité. Je vous demande de saisir que avez autour tout ce qu’il faut pour vivre heureux et que maintenant que vous avez ouvert la première porte en adhérant à un parti qui a choisi la dignité dans un pays dominé par la violence et l’arbitraire, il faut savoir monter les marches qui vous installeront dans le confort moral qui précède, conditionne et garantit le confort matériel. Ne regardez pas dans votre pays ce qui décourage, dégrade ou spolie. Des structures avec de gros moyens sont mises en place depuis longtemps pour vous empêcher d’aller vers la lumière. Elles ont pour mission de vous perturber, de vous pousser à la faute et au découragement. Vous les entendrez souvent vous dire qu’il n’y a pas d’issue, pas de solutions, pas d’hommes ou de femmes dignes de confiance, que les responsables politiques sont tous les mêmes et qu’il ne sert donc à rien de vouloir changer les choses. A chaque fois que vous rencontrerez ces agents prédateurs, pensez à Abane, Ben M’hidi, Amirouche, Lotfi et tant d’autres. Pensez à ceux qui vous ont précédé et qui ont affronté les prisons et les tortures alors qu’on leur proposait villas et fortunes pour les amener à renoncer à leur combat. Regardez ce qui a été fait en Algérie de beau, de grand et de durable. C’est avec cela que vous pouvez vivre dignement et vous sentir fier d’avoir été efficace pour vous-mêmes et utiles pour vos proches.

Je vous salue et vous souhaite d’apprendre beaucoup des belles choses que peut vous donner le RCD. Profitez bien de votre stage. Bon courage.

 

les pensées doubles de Caleb |
Mareil Autrement |
Etudiants du lycée Bertran ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Section du Parti socialiste...
| Le Nouveau Centre Montbard
| MARS Centrafrique